Santé mentale, on en parle ?
Direction Générale de la Santé (DGS) & Direction Générale de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (DGEFP) — avec une campagne parallèle du Service d'information du Gouvernement en partenariat avec Disney
Une mobilisation institutionnelle inédite autour de la santé mentale des jeunes
Lancée conjointement par la Direction Générale de la Santé et la Direction Générale de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, la campagne « Santé mentale, on en parle ? » cible les jeunes de 15 à 24 ans. Elle s'inscrit dans un contexte où la santé mentale a été érigée en grande cause nationale pour 2025, une reconnaissance portée notamment par l'Association des Maires de France (AMF), qui appelle désormais les collectivités locales à se saisir de ces outils pour les diffuser auprès des structures en contact avec des jeunes de 6 à 24 ans.
En parallèle, le Service d'information du Gouvernement déploie une campagne distincte mais complémentaire, destinée aux enfants (6-12 ans), à leurs parents et aux adultes qui les entourent. Celle-ci se distingue par un partenariat avec Disney, conférant à la démarche une portée culturelle et une capacité de pénétration dans les foyers que les campagnes institutionnelles classiques atteignent rarement. Deux livrets — l'un destiné aux enfants, l'autre aux adultes — accompagnent un dispositif déployé dans les établissements scolaires et périscolaires, articulé autour de la stratégie d'enseignement de l'empathie. Une campagne publicitaire multicanale (TV, SVOD, réseaux sociaux, affichage digital) vient amplifier l'ensemble.
Quand l'État s'appuie sur la culture populaire pour atteindre les familles
Ce qui rend cette opération particulièrement notable pour le secteur de la santé et de la communication, c'est la combinaison de deux logiques habituellement distinctes : la prévention institutionnelle classique, portée par des directions ministérielles, et le marketing culturel grand public, incarné ici par Disney. L'association d'un acteur aussi identifiable auprès des enfants et des parents à un message de santé publique constitue un levier de légitimité et d'accessibilité que peu de campagnes gouvernementales ont mobilisé à cette échelle en France.
La dimension territoriale est également remarquable : en passant par l'AMF pour inviter les collectivités à relayer la campagne, l'État mise sur un maillage de proximité susceptible d'atteindre des publics que les canaux numériques nationaux ne touchent pas toujours efficacement.
Points remarquables
- Double ciblage générationnel assumé : adolescents et jeunes adultes d'un côté (15-24 ans), enfants et parents de l'autre (6-12 ans).
- Approche pédagogique concrète : mise à disposition de ressources directement actionnables (lignes d'écoute, sites, livrets).
- Partenariat Disney : choix stratégique pour déstigmatiser et rendre le sujet accessible dans un registre familier et non anxiogène.
- Ancrage scolaire et périscolaire : la campagne ne se limite pas aux médias, elle s'intègre dans des espaces de vie réels.
Ce que la source ne permet pas d'évaluer
La source ne fournit aucune donnée sur les budgets engagés, les volumes de diffusion, ni les résultats attendus ou mesurés. Les « nombreux partenaires » mentionnés pour la campagne multicanale ne sont pas identifiés. Il est donc impossible, à ce stade, d'évaluer la portée réelle du dispositif ou la nature exacte des engagements de chaque acteur. La source est par ailleurs un article de relais institutionnel (AMF), ce qui oriente naturellement le propos vers l'incitation à la participation plutôt que vers une analyse critique de la campagne.
Ce que cette campagne révèle des nouvelles stratégies de prévention en santé
Pour Santé & Influence, cette opération illustre une tendance de fond : les pouvoirs publics français apprennent à penser leurs campagnes de santé mentale comme des opérations de communication à part entière, avec des partenaires culturels, des canaux diversifiés et une logique de capillarité territoriale. Le recours à Disney n'est pas anodin — il signale une volonté de sortir du registre médical pour entrer dans celui du quotidien familial. C'est précisément là que se joue aujourd'hui la bataille de l'influence en santé : non plus dans les cabinets ou les brochures, mais dans les écrans, les cartables et les conversations du soir.