Cinq ans de données longitudinales pour mesurer le lien entre scepticisme médiatique et complotisme vaccinal
Université de Rissho / Pr Hitoshi Yamamoto
cinq années de données d'enquête longitudinale par panel collectées entre 2020 et 2024
Source : ma-clinique.fr
Cinq ans d'observation pour saisir la dynamique du complotisme vaccinal
Publiée dans Scientific Reports le 8 août 2026, l'étude dirigée par le professeur Hitoshi Yamamoto de l'Université de Rissho repose sur un dispositif rare en sciences sociales : un panel longitudinal interrogé chaque année pendant cinq années consécutives, de 2020 à 2024, soit sur l'ensemble de la période pandémique et post-pandémique.
Un scepticisme institutionnel plus déterminant que les théories extrêmes
Les chercheurs distinguent deux formes de complotisme vaccinal : l'une, majoritaire, fondée sur la méfiance envers les gouvernements et l'industrie pharmaceutique ; l'autre, minoritaire, portant sur des affirmations hautement invraisemblables telles que la présence de micropuces dans les vaccins. C'est la première forme — plus discrète mais plus répandue — qui s'avère la plus fortement corrélée à un scepticisme persistant ou croissant envers les médias grand public.
Ce que cela change pour la communication en santé
Pour les professionnels de la communication santé, l'enseignement est structurant : lutter contre la désinformation ne se résume pas à corriger des faits erronés. Il s'agit aussi, selon les auteurs, de comprendre comment la méfiance se construit et se consolide dans des environnements informationnels fragmentés. Le contexte japonais, caractérisé par un consensus social relativement large, renforce la portée de ces conclusions : si ce phénomène s'observe dans un écosystème médiatique peu polarisé, il est raisonnable d'en anticiper une intensité supérieure dans des pays où la polarisation est plus marquée — une hypothèse que l'étude n'établit pas formellement, mais que son cadre invite à explorer.